Les limites de la technologie blockchain et ses substitutifs 3/4

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En adoptant la technologie blockchain pour sa supply chain, une entreprise doit d’abord décider du type de blockchain qu’elle aurait besoin de construire. Rappelez-vous que le bitcoin repose sur une blockchain publique, composée de participants qui sont inconnus et non approuvés. Elle utilise un protocole de vérification par consensus pour établir la confiance dans chaque bloc. Il n’y a pas de base de données centrale ni de gouvernance centrale dans ce type de blockchain.

Les blockchains de type privée ou hybride semblent les formes les plus pertinentes mais comportent tout de même des inconvénients.

À l’inverse, dans la plupart des supply chains, les participants sont connus et de confiance. Il est donc peu probable que le monde de la supply chain accepte l’accès public, car ses utilisateurs ne souhaitent pas révéler à des participants inconnus des détails exclusifs tels que la demande, les capacités, les commandes, les prix, et les marges en tout point de la chaîne de valeur. Cela signifie que la plupart des blockchains de la supply chain ne peuvent prendre qu’une forme privée ou hybride, avec une validation des données effectuées par une entité centrale ou un consortium d’utilisateurs et des accès limités au reste des utilisateurs.

En théorie, cette approche permet une vérification publique ou privée de chaque bloc proposé. Cependant, il est peu probable que nous assistions à une vérification publique des blocs proposés dans le monde de la supply chain lorsque tous les participants sont connus. Dans le transport maritime, avec la plateforme TradeLens par exemple, seules quelques participants connus de la chaîne (commissionnaires de transport, ports, douanes, etc.) sont responsables de la validation des blocs. Pour autant, plus le nombre de participants de confiance est faible, moins les protocoles de validation des blocs sont transparents. La blockchain perd alors l’une de ses principales fonctions : dans une blockchain privée, si un acteur peut jouer le rôle d’administrateur système, alors le principe d’immuabilité des données disparaît.

La technologie de blockchain reste énergivore actuellement même si l’innovation a permis une diminution de sa consommation.

Outre ces limites qui concernent le fonctionnement technique de la blockchain, un autre frein majeur ralentit l’adoption de cette technologie par les entreprises : sa consommation énergétique. Actuellement, Bitcoin est la blockchain la plus critiquée, car la plus énergivore. Sa consommation énergétique représente un problème notamment parce qu’elle augmente proportionnellement aux nombres de participants sur le réseau. Pour autant, les nouvelles générations de blockchain sont aujourd’hui 2,5 fois plus efficaces en consommation énergétique, et le choix du type de consensus utilisé pour la validation des blocs fait énormément varier leurs besoins en énergie. Depuis que ce problème a été pointé du doigt, de nombreuses innovations ont permis de réduire la consommation énergétique de Bitcoin ou Ethereum, notamment avec l’apparition de blockchain secondaires. Ces blockchains de second rang traitent les transactions en masse sur des serveurs moins gourmands en énergie, qui envoient par la suite les informations en paquets dans la blockchain principale. L’exemple le plus connu est celui du Lightning Network, bien qu’il reste encore marginal dans le volume de transactions réalisées. Aujourd’hui, ce genre de substitutif n’est que partiel car il ne permet qu’une limitation de la croissance de la blockchain principale, elle toujours aussi énergivore. Les futures mises à jour d’Ethereum pourraient néanmoins intégrer de nouvelles solutions pour réduire la consommation d’énergie. Néanmoins, à ce jour, la problématique énergétique et environnementale n’est pas résolue et seule la disparition des blockchains actuelles et leur remplacement par une nouvelle génération de blockchains plus écologiques permettra un développement de cette technologie à plus grande échelle.

Des technologies existantes suffisamment efficaces pour traiter les problématiques actuelles

Dans de nombreux cas, les supply chains transfèrent déjà des volumes colossaux de transactions et de données, souvent en temps réel, sur des bases de données partagées. Pour autant, les systèmes ne sont pas parfaits et de nombreuses supply chains ont des problèmes de données cloisonnées, de formats différents, difficiles d’accès ou difficiles à visualiser et à analyser dans le contexte du Big Data. Néanmoins, les bases de données centralisées comme les portails cloud avec une bonne gestion des données, associées à la visualisation de la chaîne logistique et aux prouesses analytiques, peuvent être aujourd’hui réalisées à grande échelle. Amazon Web Services, Oracle, Microsoft ou encore IBM proposent ainsi des solutions suffisamment efficaces pour traiter les problématiques actuelles de gestion des données dans la Supply Chain.

Ces solutions comportent aujourd’hui moins de complexités techniques que la blockchain. Ainsi, lorsque toutes les parties des supply chains étendues sont connues et fiables, une solution blockchain n’est probablement pas nécessaire, car on peut compter sur ces parties connues et fiables pour fournir une information sécurisée en temps réel à travers une solution conventionnelle.

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