Words have power
Evan Stinson - Content Marketing Specialist

Le leader du Human Equity Project, JAGGAER, raconte son histoire

  • Blog
  • Innovation

Robyn Baker a dirigé notre projet qui visait à nettoyer notre langage, ceci fait partie de notre vaste Human Equity Project (HEP). Elle y décrit les progrès réalisés et partage ses perspectives personnelles.

Elle vit à Edmonton, en Alberta, bien qu’elle soit originaire de Conception Bay South, à Terre-Neuve, sur la côte Est du Canada. Elle a fait des études en psychologie clinique et, lorsqu’elle a quitté l’université pour l’Alberta il y a près de dix ans, son objectif était de se lancer dans le travail social ou le soin de la toxicomanie. Cependant, alors qu’elle cherchait un emploi dans ce domaine, Robyn a accepté un poste contractuel de rédactrice technique chez Upside Software (une entreprise qui a ensuite été acquise par JAGGAER).

Lisez l’article, JAGGAER lance son Human Equity Project

« Je suis tombée amoureuse du secteur de la technologie et depuis j’y suis restée ! » dit-elle.

Depuis qu’elle s’est jointe à JAGGAER, Robyn a travaillé dans les domaines de la documentation, de la formation, des services professionnels, de la gestion de projet, du développement et du soutien à la production. Elle est actuellement dans la gestion de produits, où elle est Directrice Principale du lancement de produits chez JAGGAER. « C’est un rôle passionnant qui me permet d’utiliser mon expérience inter fonctionnelle et mes compétences en gestion de projet pour améliorer les processus à l’échelle de l’entreprise. J’adore travailler chez JAGGAER – la culture et les gens sont fantastiques ! » dit-elle. Robyn a rencontré son mari au travail. Ils sont mariés depuis quatre ans et attendent leur premier bébé pour mars.

Une incroyable opportunité

Son implication dans le projet Insensitive Language est née, dit Robyn, « par un heureux hasard. Roger Blumberg, Vice-Président Principal, Marketing corporatif et marketing de produits, m’a demandé de l’aide dans la gestion d’un projet, ce dernier m’a par la suite été confié. »

« J’étais enthousiaste à l’idée d’avoir l’occasion de m’impliquer pour deux raisons : sur le plan professionnel, c’est très différent des types de technologie ou de projet axés sur les processus sur lesquels j’ai tendance à travailler, et sur le plan personnel, le sujet de l’équité humaine a beaucoup de sens pour moi. Bien que je m’identifie comme étant blanche, mon mari est d’origine sud-asiatique et notre fils sera biracial. « Je suis très contente de travailler sur un projet qui contribuera à rendre le monde du travail plus inclusif pour la prochaine génération », ajoute-t-elle.

Le projet d’un langage sans connotations racistes n’est qu’une initiative parmi d’autres du Equity Project en matière d’emploi. Il vise à supprimer tous les termes et expressions racistes des applications logicielles, de la documentation et du matériel marketing de JAGGAER. « Il y a une quantité surprenante de propos racistes qui sont couramment utilisés dans l’industrie de la technologie. Nous avons cherché à identifier ces termes et à trouver des substituts plus neutres », explique Robyn.

Termes ou mots à éviter À remplacer par
Blacklist Blocked list
Whitelist Safe list / Allowed list
Grandfather clause Legacy agreement / Legacy clause
Master (in general) Main
Master-slave (system etc.) Primary-secondary / Controller-agent (system etc.)
Master data Primary data
Master data management Primary data management
Scrum master Scrum leader
Whitehat/Blackhat hacking Friendly (or benign)/Hostile (or malicious) hacking
Redlining Ruling out
Redlined Non-negotiable
Pipeline Funnel, Docket, Backlog

 

« Dans le cadre de ce projet, j’ai pensé qu’il serait assez simple de dresser une liste de termes inappropriés à supprimer et de les remplacer par des termes plus neutres. Cependant, l’effort s’est avéré beaucoup plus complexe et chronophage que cela », déclare Robyn.

« Certains termes (comme « slave (esclave) », par exemple) sont de toute évidence offensant et il n’y a pas de contexte dans lequel ils sont acceptables. Cependant, d’autres termes comme « master » se sont révélés beaucoup plus nuancés et difficiles. Premièrement, parce que le terme « master (maitre) » peut avoir des significations très différentes selon le contexte, par exemple, il n’est pas seulement inapproprié, mais offensant (et par conséquent, il doit clairement être remplacé) lorsqu’il est utilisé dans le contexte d’une référence à un système « master-slave (maitre-esclave) ». Mais qu’en est-il d’une offre d’emploi en RH où la qualification comprend un master (une maitrise) ? Cela n’a rien à voir avec l’esclavage car le mot provient du latin, Magister, signifiant maître dans le sens de quelqu’un qui est autorisé à enseigner.

« De même, il ne semble pas y avoir de mal à dire que quelqu’un a « maîtrisé » une certaine compétence. Nous avons donc décidé que le mot « master » était acceptable dans de nombreuses circonstances, mais jamais en référence à une relation hiérarchique. »

« Cela nous a mené à un deuxième défi, qui était de mettre en œuvre ces changements dans nos logiciels et notre documentation. Bien que nous puissions facilement chercher et remplacer certains mots et expressions comme « blacklist », d’autres comme « master » ont présenté des problèmes parce qu’ils ont été largement utilisés dans le développement de logiciels et qu’ils doivent être analysés dans leur contexte. Il n’est pas impossible de remédier à cette situation, mais il faut investir énormément de temps et donc d’argent dans des domaines comme le Développement et l’Education. La portée de ces domaines est en fait si grande que nous devions obtenir un budget spécial pour y parvenir. »

« D’autres domaines comme le Marketing, les Services Juridiques et les Ressources Humaines ont beaucoup plus de souplesse pour apporter des changements à leurs garanties. Pour ces services, il s’agissait d’un examen de l’existant au niveau des mots qui pourraient contenir un langage inapproprié, puis d’élaborer un plan pour les enlever et les corriger. Le Support Clientèle et les Services métiers se situent quelque part entre les deux – ils ont des quantités importantes de documents qui doivent être corrigés, mais ils ne peuvent pas réviser une grande partie de leur matériel tant que le logiciel et la documentation n’ont pas été mis à jour. »

« Il est également important de noter l’impact sur les clients – de nombreux clients produisent leurs propres documents personnalisés pour refléter la suppression du langage inapproprié de nos applications. Lorsque nous en serons à cette étape, nous devrons être prêt et mobiliser les clients pour les informer du changement afin qu’ils puissent réagir à leur tour. »

« Bref, ce n’est pas un effort à prendre à la légère ! Il y a beaucoup d’éléments importants et de dépendances inter fonctionnelles à considérer et il est important d’en identifier le plus grand nombre possible avant de commencer un projet comme celui-ci », dit Robyn.

Le projet avance, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour les raisons que Robyn a exposées ci-dessus. Le service Marketing a été le premier à retirer tout langage raciste de son système avec la relance du site Web de JAGGAER le 27 octobre. En ce qui concerne le Développement et l’Education, nous attendons toujours d’obtenir un budget pour procéder aux changements. Nous prévoyons que ce projet s’étendra sur plusieurs versions (et probablement plusieurs années !)

Une perspective Canadienne

Il convient de noter que ce projet a une signification particulière aux États-Unis. Quel est le point de vue de Robyn en tant que citoyenne canadienne ?

« Le Canada n’a pas la même histoire concernant l’esclavage que les États-Unis et, en général, nous avons une population noire moins nombreuse. Seulement environ 3% des Canadiens s’identifient comme Noirs. Ainsi, comme au Royaume-Uni, le mouvement Black Lives Matter existe certainement, mais il a été plutôt nuancé ici. »

« Toutefois, cela ne veut absolument pas dire que le Canada n’a pas de problème de racisme systémique. Le Canada a une histoire honteuse en ce qui concerne le traitement de ses peuples autochtones, de plus, le racisme et la discrimination sont encore omniprésents aujourd’hui. C’est pour cette raison qu’au Canada, le mouvement Black Lives Matter s’est aussi employé à attirer l’attention sur les injustices subies par les Canadiens autochtones », explique-t-elle.

En effet, il y a des termes utilisés dans un contexte commercial qui sont inappropriés envers les natifs Canadiens (et les natifs Américains). Par exemple, « trop de chefs, trop peu d’Indiens. »

« Diriger ce projet a été une expérience révélatrice à bien des égards. J’ai été surprise par la portée et l’ampleur de ce travail. On pourrait penser que le remplacement de quelques mots serait un effort banal, mais en fait, cela est très complexe. Ce genre de changement est une initiative intéressante pour chaque entreprise, mais il est important de comprendre qu’il implique un investissement important de temps et d’argent et qu’il ne peut être réalisé du jour au lendemain. »

« Ce projet m’a ouvert les yeux sur le nombre de phrases quotidiennes qui ont une origine ou une connotation raciste. Par exemple, le terme « redlining » est très courant dans le domaine de la gestion des contrats, mais aux États-Unis et au Canada, il renvoie également à la pratique consistant à refuser des prêts aux minorités pour les empêcher d’acheter des maisons dans des quartiers blancs. De plus, la pratique généralisée consistant à utiliser le mot « noir » pour désigner quelque chose de mauvais et le mot « blanc » pour désigner quelque chose de bon, est omniprésente et, peu importe les raisons, cela est très inapproprié. ».

« Travailler sur ce projet m’a certainement rendue plus consciente des mots que j’utilise dans des contextes professionnels et quotidiens », conclut Robyn.

Jusqu’à maintenant, l’accent a été mis sur le langage raciste et, comme le dit Robyn, le travail n’est pas terminé. Le portefeuille du Human Equity Project comprend de nombreux projets passionnants, notamment une formation sur la diversité et l’inclusion à l’échelle de l’entreprise, l’amélioration de la représentation de la diversité au sein de notre effectif mais aussi des programmes de philanthropie et bien plus encore.

Autres articles de blog